Le pôle instrumental

Animatrice : Jacqueline Boutin

 

Texte issu de discussions menées au LOCEAN par un groupe de travail instrumentation/expérimentation marine

Les recherches expérimentales menées au laboratoire concernent la physique océanique, la biogéochimie marine, la géochimie isotopique, l’écologie marine ; les processus associés à chacune de ces disciplines étant très interdépendants, elles sont en de plus en plus intégrées au sein d’un même programme de recherche interdisciplinaire. Les mesures en mer menées au laboratoire documentent un continuum d’échelles spatio-temporelles allant de quelques siècles à l’échelle typiquement horaire, de l’océan global à la sous-mésoéchelle. Elles représentent un support indispensable tant pour documenter et analyser la variabilité océanique sur de longues périodes temporelles (séculaires, décennales, interannuelles...) que pour réaliser des études de processus.

Les mesures reposent sur :

-des instruments (mesures hydrologiques classiques, instrumentation acoustique...), souvent mutualisés, embarquables sur navires de recherche, disponibles dans les parcs instrumentaux (laboratoire, DT INSU, IPEV) dont il est important de maintenir la jouvence. Se pose la question du devenir d’instruments achetés sur contrats : dans quelle mesure est-il souhaitable qu’ils rejoignent un parc d’instruments ?

-des mesures en laboratoire : chimiques (nutriments, système des carbonates), biogéochimiques (fluorescence, cultures …), géochimie isotopique (isotopes du carbone, de l’oxygène, du silicium et du soufre...). Ces mesures demandent un savoir faire qu’il est crucial de maintenir au laboratoire.

-des instruments autonomes installés sur flotteurs, gliders, mouillages, mammifères marins. Cette instrumentation est moins classique et requiert des adaptations, étalonnages et maintenance, réalisées pour partie par le laboratoire. L’organisation se révèle souvent difficile par manque de moyens humains et par la difficulté de pérenniser sur le long terme des installations financées initialement sur contrat.

-le développement ou l’adaptation de nouvelles plateformes de mesures ou de nouveaux capteurs réalisés entièrement au laboratoire ou pour partie en collaboration avec la DT INSU ou un industriel. Dans ce domaine, plusieurs réflexions sont en cours pour réaliser des capteurs miniaturisés et peu chers. Ces développements sont en général réalisés sur plusieurs années. De ce fait, ils requièrent un chef de projet en poste pouvant assurer le suivi technique sur le long terme et des qualifications techniques variées (mécanique, électronique, chimie...).

La mise en oeuvre des instruments conduit les chercheurs et les personnels techniques du laboratoire à embarquer très fréquemment, ce qui demande beaucoup de disponibilité et amène beaucoup d’impondérables. Les projets expérimentaux prévus dans les prochaines années impliquent plus de personnel technique que celui disponible, d’autant que plusieurs départs à la retraite et des mouvements de personnel s’annoncent et que des compétences techniques risquent d’être perdues. Il y a un besoin criant de remplacer ces personnels. Se pose aussi la question de financer du personnel technique sur projet ou d’externaliser une partie de l’activité. L’externalisation se révèle couteuse et peu efficace car très souvent les interlocuteurs changent au cours d’un même projet, et ne respectent pas les délais. Il parait plus efficace, pour le développement de prototypes, de garder sur le même site les divers savoir faires indispensables à ces développements (chimie, électronique, mécanique) et de financer du personnel technique sur contrat. Ceci pourra être effectif en mutualisant éventuellement des financements sur plusieurs projets, mais la durée limitée des CDD est un frein majeur. Nous envisageons également de former des jeunes en alternance, mais il est alors crucial de pouvoir offrir à ces jeunes des perspectives d’emplois techniques dans la recherche sur de longues périodes de temps.

Une partie des données acquises sont soit uniquement transmises à des bases de données internationales, soit uniquement conservées en interne au laboratoire. Le personnel du laboratoire effectue un important travail de validation temps différé des données. Il s’agit très souvent de données collectées dans le cadre de programmes ou collaborations internationaux ou de paramètres innovants collectés par des instruments originaux : il est important d’identifier une structure souple permettant une meilleure mise en valeur de ces données non conventionnelles acquises par les équipes françaises et fournisse un archivage pérenne : e.g. pole d’observation de l’IPSL ? Pole de données ODATIS ?




sponsor sponsor sponsor sponsor sponsor sponsor

Contacter le webmaster